Le casse-tête au quotidien pour un acheteur industriel en plasturgie …

plasturgie

Dans le monde de la plasturgie, il ne se passe pas une semaine sans l’annonce d’une hausse unilatérale des prix sur tel polymère technique, ou un cas de force majeur créant la pénurie sur certaines matières thermoplastiques.

Qu’est-ce qu’un cas de force majeure ?  C’est « un évènement à la fois imprévisible, irrésistible (insurmontable) et extérieur aux personnes concernées (elles ne sont pas responsables) » (source : www.service-public.fr)

Une baisse de budget contraignant un service maintenance à stopper son programme de maintenance préventive peut entraîner un arrêt de fabrication. Peut-on parler dans ce cas de force majeure ? À méditer … mais ce n’est pas le sujet, revenons à la vie de terrain des acheteurs.

Lors du précédent article « Quelles sont les problématiques d’achats dans le domaine de la plasturgie ? », nous avons passé en revue les principaux facteurs pouvant impacter le poste achats dans les entreprises.

En résumé, la non-professionnalisation de la fonction achat, l’absence de réseau de taille significative entre plasturgistes, la diversification des achats impossible du fait des choix des donneurs d’ordre d’imposer sur les plans une unique référence matière ou le rapport de force défavorable aux transformateurs enlève souvent toute marge de manœuvre dans le sourcing des acheteurs ou de ceux faisant office d’acheteur.

Analysons plus dans le détail le processus achat pour comprendre les points bloquants auxquels sont confrontés les approvisionneurs et/ou acheteurs. Prenons l’exemple de la filière plasturgie.

Tout commence lors de la phase de développement d’un produit !

Un donneur d’ordre (professionnel qui développe un produit propre) en phase de développement d’un nouveau produit est parfois en relation directe avec les producteurs de matières plastiques. Dans la filière automobile, cela est systématique. Cela entraîne l’homologation d’un certain nombre de références et lors de la validation de l’une d’entres elles, elle est mentionnée sur le plan de la pièce plastique. Il sollicite aussi ses fournisseurs qui peuvent être force de proposition.

Le temps imparti pour le développement d’un nouveau produit étant de plus en plus réduit, homologuer une seule référence matière est monnaie courante. Bingo, lorsque nous nous retrouvons en phase production chez un transformateur (celui qui transforme la matière 1ère en produit fini ou semi-fini), l’acheteur n’a plus de marge de manœuvre.

developpement produit

Il peut rarement s’opposer aux hausses de prix unilatérales ou négocier des lots d’approvisionnement qui lui seraient plus adaptés. La rupture d’approvisionnement est aussi redoutée. Pendant la phase série, période pendant laquelle on se trouve en phase industrielle l’acheteur n’est pas au bout de ses peines. Le transformateur chargé de fabriquer une pièce plastique reçoit l’aval de son client avec toutes les données techniques et financières. Comme la part matière qui a été validée à un certain niveau de prix avec ou sans clause de révision. Or, comme cette part matière est le prix d’achat validé, ce prix est toujours fonction d’une quantité livrée (lot d’approvisionnement).

Voici un exemple concret pour illustrer les conséquences de ce prix d’achat couplé à un lot d’approvisionnement. Un marché est validé avec une base matière de 4,00€ le kg pour un marché annuel de 20 tonnes avec un lot d’approvisionnement fixé à 5 tonnes.

En année 1 :  5 tonnes sont consommées.

Pour accompagner la montée en puissance de ce marché, et éviter de consommer trop de trésorerie, l’approvisionneur va sans doute acheter cette référence par 500 kg voire 1250 kg. Je vous laisse imaginer la suite :

  • Le fournisseur va-t-il accorder le prix marché des 4,00€/kg pour un lot de 500 ou 1250 kg ?
  • Le service commercial a-t-il prévu cette montée en puissance et le fait que les prix d’achat sont en réalité de 5,00 ou 6,00€ le kg ?

 

Au milieu du semestre de l’année 2 : le marché est en pleine cadence.

Un stock mini de 2,5 tonnes a même été défini afin de couvrir les délais de réapprovisionnement.

  • Quid des marchés surévalués ?
  • Et à l’approche de l’inventaire, comment diminuer ses lots d’approvisionnement tout en maintenant le prix marché des 4,00€ ?

 

La fin de vie du produit : L’année x, le client annonce un changement de couleur de son produit ou son remplacement par une nouvelle gamme.

A cette étape, il y a nécessité de fonctionner en mode agile et proactif

Toutes les fonctions sont sollicitées pour passer d’une période de pleine cadence à une diminution des cadences jusqu’à l’arrêt du produit. Tout doit être passé en revue : l’inventaires des matières – composants – emballages – semi-finis et finis, les nomenclatures, les données de l’ERP, les prestataires externes, les équipements s’ils ont spécifiques à un produit, etc.

Le process du système d’information est peu propice aux évolutions éphémères

Une fois qu’un fournisseur est homologué par le service achat (avec le couple référence/fournisseur), l’approvisionneur utilise son ERP (logiciel qui gère les processus au sein d’une entreprise) pour planifier ses commandes d’achats. Mais comment y intégrer un achat d’opportunité en dehors du panel des fournisseurs habituels ?

Sur un stock disponible par exemple chez un confrère qui a un stock neuf obsolète à 30% de sa valeur, en emballage d’origine et accompagné du certificat matière. Tout au long de la vie d’un produit, les données initiales évoluent. Dans une entreprise idéale, son organisation aidée de son système d’information doit lui permettre de gérer toutes les évolutions. Mais c’est l’idéal ! Chacun a vécu des situations où le système se grippe. À chaque étape de l’organisation, chaque acteur est prudent et les prises de décisions sont longues.

Qui n’a pas vécu :

  • Un réapprovisionnement effectué par erreur à quelques mois de l’arrêt du produit fini
  • La non mise à jour des stocks mini ou de sécurité dans l’ERP
  • Les prix d’achats qui flambent et le service commercial qui n’a pas le temps de revoir ses tarifs à la hausse ; d’autant plus que pour le client concerné, un nouveau marché est à l’étude ou que les prix d’achats sont annoncés à la baisse dans 3 mois.

 

Avez-vous déjà entendu un client vous dire :

« Monsieur le fournisseur, je ne peux accepter vos hausses de prix, on annonce une baisse très prochaine sur la matière ! »

Ou « faites-moi un bilan de la situation avec copie des factures pour que j’en parle en interne ».

Le manque de ressources humaines à tous les niveaux, le regard focalisé sur l’augmentation du chiffre d’affaires, les négociations parfois tendues côté achat, l’absence d’un système d’information ou lorsqu’il existe, son paramétrage imparfait ne facilitent pas la tâche des équipes. Il est bien souvent difficile de modifier un paramètre lorsque tout roule et fonctionne à peu près normalement. Et pourtant, il le faudrait.

Et vous, partagez-vous cette analyse ? Faites-nous part de vos commentaires, nous serions ravis d’échanger avec vous. Vous pouvez également nous contacter ici !

Très prochainement, nous vous en dirons plus sur Pro-Spare, notre expérience et notre solution innovante au service des gestionnaires de stocks et des services achats.